Vous avez vendu votre entreprise. Votre patrimoine liquide se chiffre en millions. Et tout le monde vous parle de "family office". Mais avez-vous vraiment besoin d'un family office ? Et si oui, lequel ?
À l'Exit Club, on a vu passer tous les cas de figure : des fondateurs qui ont monté leur propre family office, d'autres qui sont passés par un multi-family office, d'autres encore qui ont gardé un CGP indépendant. Voici ce qu'on en retient.
Qu'est-ce qu'un family office, concrètement ?
Un family office est une structure dédiée à la gestion globale du patrimoine d'une famille. Pas juste les placements financiers mais tout : l'immobilier, la fiscalité, la gouvernance familiale, la transmission, la philanthropie, la conciergerie parfois.
Il en existe deux types.
Le Single Family Office (SFO) gère le patrimoine d'une seule famille. C'est une structure dédiée, avec des salariés (directeur des investissements, comptable, juriste). Coût : plusieurs centaines de milliers d'euros par an. Pertinent au-delà de 50M€ de patrimoine.
Le Multi-Family Office (MFO) mutualise les ressources pour plusieurs familles. Même philosophie de gestion globale, mais avec des coûts partagés. Pertinent à partir de 5-10 M€ de patrimoine, selon les structures.
Family office vs. CGP vs. banque privée
La confusion est fréquente. Clarifions.
La banque privée gère vos actifs financiers et vous propose ses propres produits. Le modèle économique repose largement sur les commissions liées aux produits vendus. Le conflit d'intérêts est structurel : la banque gagne plus quand elle vous vend plus de produits.
Le CGP (Conseiller en Gestion de Patrimoine) offre un conseil plus indépendant, surtout s'il est rémunéré en honoraires (fee-only). Mais son périmètre est souvent limité aux placements et à la fiscalité. Il intervient rarement sur la gouvernance familiale ou la structuration complexe.
Le family office (single ou multi) offre une vision à 360°. Il ne vend pas de produits : il sélectionne les meilleurs pour vous. Il gère les relations avec les banques, les avocats, les notaires, les comptables. Il pense votre patrimoine comme un tout cohérent.
Les signaux qui indiquent que vous avez besoin d'un MFO
Chez Exit Club, on observe que le recours à un MFO devient pertinent quand plusieurs de ces conditions sont réunies.
Votre patrimoine est complexe. Holding, immobilier, participations dans des startups, comptes à l'étranger, produits structurés, private equity. Quand les lignes se multiplient, la vision d'ensemble se perd.
Vous passez trop de temps à gérer. Si la gestion de votre patrimoine devient un job à temps plein et que ce n'est pas ce que vous voulez faire, il est temps de déléguer.
Vous ne savez plus qui croire. Chaque interlocuteur (banquier, CGP, avocat) vous donne un conseil différent, souvent aligné avec ses propres intérêts. Un MFO indépendant est censé arbitrer et coordonner.
Vous pensez transmission. Dès que la question de la transmission se pose (enfants, conjoint, philanthropie), la complexité explose. Un family office peut apporter la vision long terme nécessaire.
Comment choisir son MFO
Le choix d'un MFO est un choix structurant. Voici les critères à évaluer.
L'indépendance. Le MFO est-il réellement indépendant ou adossé à une banque, un assureur, un réseau de distribution ? L'indépendance du conseil est le critère numéro un. Vérifiez le modèle de rémunération : honoraires fixes, success fee, commissions sur produits ?
L'expertise post-exit. Tous les MFO ne comprennent pas les spécificités du post-exit : le 150-0 B ter, les contraintes de réinvestissement, la psychologie du fondateur, les enjeux de la holding. Choisissez un MFO qui a l'habitude de travailler avec des entrepreneurs post-cession.
La taille et la disponibilité. Combien de familles le MFO accompagne-t-il ? Qui sera votre interlocuteur au quotidien ? Quelle est la réactivité en cas de besoin urgent ?
La chimie humaine. Vous allez confier à cette personne l'intégralité de votre situation patrimoniale et familiale. La confiance et le feeling comptent autant que les compétences techniques.
Ce que le family office ne fait pas
Un family office, aussi bon soit-il, ne remplace pas certaines choses.
Il ne prend pas les décisions à votre place. Il éclaire, il recommande, il exécute. Mais la stratégie patrimoniale reste la vôtre.
Il ne résout pas les problèmes familiaux. Si la gouvernance familiale est dysfonctionnelle, un family office peut structurer des processus, mais il ne remplacera pas un médiateur familial ou un travail de fond sur les relations.
Il ne garantit pas la performance. Un bon family office protège votre patrimoine et l'optimise mais ne promet pas des rendements exceptionnels.
Le retour d'expérience Exit Club
Les fondateurs de notre communauté qui ont trouvé le bon équilibre partagent quelques principes communs.
Ils ont pris le temps de choisir. Pas de décision dans les 6 premiers mois post-exit. Ils ont rencontré 5 à 10 MFO avant de s'engager.
Ils séparent conseil et exécution. Le MFO conseille et sélectionne. L'exécution (banques, assureurs, fonds) est répartie entre plusieurs acteurs pour éviter la concentration des risques.
Ils gardent le contrôle. Même avec un MFO, ils comprennent les grandes lignes de leur allocation. Ils posent des questions. Ils challengent.
Ils échangent avec des pairs. Rien ne vaut le retour d'expérience d'un fondateur qui a testé un MFO pendant 3 ans. C'est exactement ce qu'on partage à l'Exit Club.
Le choix d'un family office ou d'un mode de gestion patrimoniale est une décision personnelle qui dépend de votre situation. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement.
